Nous sommes lundi et il fait soleil comme à l'habitude. Je me suis installé dans le parc, sur un banc à l'ombre, pour préparer ce texte sur mon portable. Il y a une nuée de pigeons devant moi et des gens partout, assis sur les bancs ou allongés sur le gazon. De grands arbres, et derrière, toujours ces montagnes de roches brunes qui enferment Chosica...
Comme toujours, il y a plein de femmes seules avec un ou deux enfants, des hommes aussi. Tiens un vieillard avec une toute petite fille; les deux semblent marcher difficilement, l'une avec le pas hésitant de la débutante, l'autre, le dos rond, traine la patte, l'air fatigué. Sur un banc plus loin, deux jeunes hommes en chemise blache discutent; des témoins de Jehava, je le parierais.
Ce sont nos derniers instants ici! C'est le temps de finaliser nos activités. Il y a de l'émotion dans l'air.
Hier, nous sommes allés à Huaycan pour la dernière fois. Deux éléments au programme, une "faina" pour couler le toit de l'école et un rendez-vous avec les enfants du quartier qui doivent nous organiser une partie de soccer de démonstration dans les environs avec les chandails et les ballons que nous leur avons remis la veille.
[singlepic id=35 w=320 h=240 float=left]À notre arrivée, un gros mélangeur à ciment est déjà installé près de l'école: pas de Faina. On a opté pour la solution automatisée: 500 soles ($175) pour la machine et trois hommes! Le toît sera coulé en moins de deux. Grosse journée tout de même, ils seront une dizaine à travailler toute la journée: 5 sur le toît à attendre le ciment et 5 en bas à nourrir la machine de pierre, de sable, de ciment et d'eau. Tout le monde y gagne. L'école ne sera pas terminée à notre départ bien sûr mais on arrive aux travaux de finition: fenêtres, crépi sur les murs intérieurs et extérieurs, électricité, peinture, etc. Quabt aux meubles de l'école, ils ont tous reçu 3 couches de rouge, de bleu ou de jaune.
[singlepic id=37 w=320 h=240 float=]C'est maintenant l'heure du soccer. On monte un peu dans le chemin voisin pour atteindre un espace plat, disons de la taille d'un demi terrain de soccer pour être généreux. Une petite fille est en train de l'arroser pour diminuer la poussière, une autre ramasse des déchets dans un coin, une maman nous arrive avec des "gelatina" pour nous. [singlepic id=38 w=320 h=240 float=left]Puis les enfants se pointent; ils enfilent les chandails avec de grands sourires. Le plaisir de se transformer en vrai joueur de soccer est palpable sur leur visage.
Le ballon est sorti et la partie commence. C'est une vrai partie avec toute l'ardeur dont sont capables ces enfants, garçons et filles. À la fin, ils se mettent rapidement en rang lorsqu'on leur apprend qu'on va leur remettre une épinglette à l'éphigie du drapeau canadien (je n 'ai pas choisi!). Peut-être y aura-t-il du soccer sur ce terrain chaque semaine et ce sera un peu grâce à nous. En tout cas, je crois qu'ils ont bien aimé la visite des canadiens.
[singlepic id=39 w=320 h=240 float=left]Avant de redescendre, nous passons par le chantier. Je vais serrer la main aux maçons avec qui j'ai un peu travaillé: Hannibal, Ephraïm, Tony, Caesar et Juan. L'émotion passe sensiblement à travers peu de mots. Ils viennent du quartier et ils sont, je crois, très reconnaissants envers ces drôles de canadiens qui apportent leur fric pour construire cette école et leur donner en maintenant du travail.
Finalement, nous sommes de retour à Chosica pour une autre pachamanca (viandes sur la pierre) organisée par la famille de nos proprios. Bonne bouffe, beaucoup de vin et de la musique. On danse. C'est la fête!
[singlepic id=40 w=320 h=240 float=left]Tantôt, nous irons chez Cécilia, notre prof d'espagnol. Elle nous a invité chez elle et sa maman. Encore une petite fête un peu déchirante car nous l'aimons beaucoup.
Encore un dodo!
Nous serons de retour au Québec bientôt mais certainement transformés.