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lundi 14 mars 2011

Les adieux...

Nous sommes lundi et il fait soleil comme à l'habitude. Je me suis installé dans le parc, sur un banc à l'ombre, pour préparer ce texte sur mon portable. Il y a une nuée de pigeons devant moi et des gens partout, assis sur les bancs ou allongés sur le gazon. De grands arbres, et derrière, toujours ces montagnes de roches brunes qui enferment Chosica...

Comme toujours, il y a plein de femmes seules avec un ou deux enfants, des hommes aussi. Tiens un vieillard avec une toute petite fille; les deux semblent marcher difficilement, l'une avec le pas hésitant de la débutante, l'autre, le dos rond, traine la patte, l'air fatigué. Sur un banc plus loin, deux jeunes hommes en chemise blache discutent; des témoins de Jehava, je le parierais.

Ce sont nos derniers instants ici! C'est le temps de finaliser nos activités. Il y a de l'émotion dans l'air.

Hier, nous sommes allés à Huaycan pour la dernière fois. Deux éléments au programme, une "faina" pour couler le toit de l'école et un rendez-vous avec les enfants du quartier qui doivent nous organiser une partie de soccer de démonstration dans les environs avec les chandails et les ballons que nous leur avons remis la veille.

[singlepic id=35 w=320 h=240 float=left]À notre arrivée, un gros mélangeur à ciment est déjà installé près de l'école: pas de Faina. On a opté pour la solution  automatisée: 500 soles ($175) pour la machine et trois hommes! Le toît sera coulé en moins de deux. Grosse journée tout de même, ils seront une dizaine à travailler toute la journée: 5 sur le toît à attendre le ciment et 5 en bas à nourrir la machine de pierre, de sable, de ciment et d'eau. Tout le monde y gagne.  L'école ne sera pas terminée à notre départ bien sûr mais on arrive aux travaux de finition: fenêtres, crépi sur les murs intérieurs et extérieurs, électricité, peinture, etc. Quabt aux meubles de l'école, ils ont tous reçu 3 couches de rouge, de bleu ou de jaune.

[singlepic id=37 w=320 h=240 float=]C'est maintenant l'heure du soccer. On monte un peu dans le chemin voisin pour atteindre un espace plat, disons de la taille d'un demi terrain de soccer pour être généreux. Une petite fille est en train de l'arroser pour diminuer la poussière, une autre ramasse des déchets dans un coin, une maman nous arrive avec des "gelatina" pour nous. [singlepic id=38 w=320 h=240 float=left]Puis les enfants se pointent; ils enfilent les chandails avec de grands sourires. Le plaisir de se transformer en vrai joueur de soccer est palpable sur leur visage.

Le ballon est sorti et la partie commence. C'est une vrai partie avec toute l'ardeur dont sont capables ces enfants, garçons et filles. À la fin, ils se mettent rapidement en rang lorsqu'on leur apprend qu'on va leur remettre une épinglette à l'éphigie du drapeau canadien (je n 'ai pas choisi!). Peut-être y aura-t-il du soccer sur ce terrain chaque semaine et ce sera un peu grâce à nous. En tout cas, je crois qu'ils ont bien aimé la visite des canadiens.

[singlepic id=39 w=320 h=240 float=left]Avant de redescendre, nous passons par le chantier. Je vais serrer la main aux maçons avec qui j'ai un peu travaillé: Hannibal, Ephraïm, Tony, Caesar et Juan. L'émotion passe sensiblement à travers peu de mots. Ils viennent du quartier et ils sont, je crois, très reconnaissants envers ces drôles de canadiens qui apportent leur fric pour construire cette école et leur donner en maintenant du travail.

Finalement, nous sommes de retour à Chosica pour une autre pachamanca (viandes sur la pierre) organisée par la famille de nos proprios. Bonne bouffe, beaucoup de vin et de la musique. On danse. C'est la fête!

[singlepic id=40 w=320 h=240 float=left]Tantôt, nous irons chez Cécilia, notre prof d'espagnol. Elle nous a invité chez elle et sa maman. Encore une petite fête un peu déchirante car nous l'aimons beaucoup.

Encore un dodo!

Nous serons de retour au Québec bientôt mais certainement transformés.

lundi 7 mars 2011

Retour au Moyen Age?

Doris veut faire des crêpes pour ce premier dimanche où toute la gang est réunie mais il faut des oeufs et du lait. Alors je pars en ville...

Sept heures trente. La ville grouille déjà d'activité depuis longtemps. Les klaxons, les camions, les autobus, tout est  là. Comme les dépanneurs voisins sont fermés, je dois me diriger vers le marché.

Au prochain coin de rue, un camion de cajeots de poule vient d'arriver. Deux hommes chargent une dizaine de cajeots sur un chariot, l'un deux les attache et part les livrer. Au fond de la boutique, un homme se tient devant une balance, le crayon sur l'oreille, un cahier sur la table et semble évaluer, juger, l'air inquiet. Mon regard est attiré par  l'activité énergique de trois hommes regroupés dans un coin plus sombre. Ils se penchent à tour de rôle puis se relèvent avec dans la main gauche une poule qu'ils tiennent solidement par le cou. Ils lèvent alors le bras droit dans les airs pour le rabattre brusquement le poing fermé sur la tête de l'animal. La bête inerte est alors abandonnée sur le plancher.

Des poules mais pas d'oeuf en vue. Je descends la rue qui semble regorger de boutiques. Ce sont des marchands de fruits et légumes et des fleuristes. Curieux comme dans ce monde précaire où tout semble axé sur  l'essentiel, les fleurs prennent une place si grande.

Plus loin, on décharge un camion de légumes. De jeunes hommes, la tête et le dos couverts d'un long linge blanc et taché, chargent sur leur dos les lourdes poches de légumes. C'est une véritable meute de mercenaires qui s'affairent dans tous les sens.

Zola me revient en mémoire. Je me sens dans le ventre de Chosica!

En plein Moyen Âge? Un Moyen Âge où l'odeur de crotin est remplacé par celui du diésel?

Enfin, un sous-sol semble offrir ce que  je cherche. Des oeufs vendus au kilo: 20 oeufs bien frais pour 3 soles ($1) et un litre de lait Gloria pour 3,20 soles. La multi-nationale prend sa cote!

Excellentes les crêpes couvertes de morceaux de mangue, de papaye, d'ananas, de melon et de bananes et arrosées de sirop d'érable!

Déjà, dix heures, les filles décident d'assister à la messe de 11 heures. Je les accompagne. L'église est à demi pleine mais c'est la troisième messe du matin. Une assistance plutôt agée comme chez nous, sans doute plus d'hommes mais beaucoup sont dans les tavernes environnantes.

Je quitte pour marcher dans la ville. Elle est très animée plein de gens dans le parc et dans les rues. Sur le bord de la rivière, un garçon volubile tente de passer une bague au doigt de sa belle mais son cellulaire le force à interrompre la manoeuvre! La jeune fille se lève pour s'accouder à la rampe et regarder la rivère, l'air déçu.

Une fanfare se fait entendre précéder d'une affiche: "Folklor y danza typicos del Peru". Les groupes de danseurs bougent au son de la musique avec plus ou moins de conviction. La chaleur les retient. La plus énergique est une femme bouffon gratifiée d'une poitrine et de fesses gigantesques. Arrivée à la "rota" (rond point), la parade bloque la circulation et provoque un tonnerre de klaxons de protestation...

Finalement, le Moyen Âge non, mais un monde très différent du nôtre, étonnant... et surtout tonitruant...

jeudi 3 mars 2011

Une « faina » Pérou-Québec

[singlepic id=29 w=260 h=180 float=left]Tout le quartier est là: les hommes, les femmes et, bien sûr, les enfants et les chiens. Seul les cinq maçns sont des engagés. Les travaux ont dû commencer vers 8 heures. Le contrat: couler le plancher de l'école; deux pièces de ...On mélange les ingrédients à même le sol puis on transporte tout cela avec des brouettes et des chaudières...
Tout le monde participe à sa façon dans la plus grande bonne humeur et avec beaucoup de courage, surtout avc un bébé sur le dos!
[singlepic id=30 w=260 h=180 float=left]Dans les poses, entre deux préparations de ciment, on rigole ou écoute attentivement Jérôme qui leur parle de micro crédit. Le concept est vite assimilé et les intéresse au plus haut point.
[singlepic id=31 w=260 h=180 float=left]Voici comment ça fonctionne.
Notre groupe avance un petit capital, disons de $3000 dollars, soit 9000 soles. Les gens forment une sorte de coopérative et crée un comité de 4 ou 5 personnes qui aura la responsabilité de gérer cet argent et d'attribuer les prêts. Les membres de la coopérative désireux d'obtenir un prêt présentent leur projet. S'ils sont acceptés par le comité, il s'engage à remettre cet argent dans un délai donné avec intéret. Les montants sont petits, 500 soles au maximum mais suffisant pour réaliser le projet. Les bénifices reviennent à la coopératve.
[singlepic id=32 w=260 h=180 float=left]Ça marche! Un groupe, démarré l'an dernier, a commencé avec une 10 de prêts et pourra en faire une 20 cette année. les gens remboursent et on donc réussit à réaliser un profit.
[singlepic id=33 w=260 h=180 float=left]Le lendemain, c'est la peinture des meubles des enfants. En peu de temps, tout est sablé adéquatement ou presque! Alors, on passe à la peinture. Mais, l'expérience en peinture n'est pas requise. Par exemple, une bonne âme a cru bon de délayer le jaune, "amarillo", de moitié avec du versol. Ça donne une couche claire et transparente à souhait! Qu'à cela ne tienne, avec plusieurs couches, on devrait en venir à bout! Tous les outils sont bons: les pinceaux larges ou étroits, les éponges ou même les bouts de papier...

[singlepic id=34 w=260 h=180 float=left]Attention à la queue du chien qui dépasse!

mardi 1 mars 2011

Syndrome du bout des doigts collés

Me v'là, j'en ai peur, devenu un peu précieux. J'ai développé ce qui pourrait s'appeler "le syndrôme du bout des doigts collés". Je ne peux pas fonctionner plus de deux ou trois heures dans mon nouvel environement péruvien sans sentir le besoin urgent de me laver les mains et surtout de me frotter énergiquement le bout des doigts! Il est certain qu'une séance internet est une raison suffisante pour courrir au premier lavabo venu: les claviers sont crottés et collants! C'est certainement cet expérience traumatisante qui est la source de ce comportement compulsif. Mais également, il y a tous ces gestes que je dois poser dans mon hôtel, qui se refusent définitivement à gagner une étoile dans le ciel touristique. Allumer et fermer les lumières, tourner les poignées de porte ou même effleurer la surface des tables me forcent tout à coup à me tenir les doigts en l'air jusqu'à ce que je puisse enfin en frotter les bouts! D'accord, histoire de vous faire sourire, j'exagère un peu mais si peu!
Chosica, banlieu de Lima est une ville de poussière et de pollution au diésel. Quasi tous les vehicules sont diésels et beaucoup laissent derrière eux des panaches bleus gigantesques à faire rougir les vieilles locomotives au charbon d'autrefois. Sur le trottoir voisin, je suffoque. Ajouter à cela la chaleur écrasante du milieu du jour et vous avez tous les ingrédients pour enduire toutes les surfaces d'une couche de camboui noire et collante! Le linge de table devient noir de suie à chaque utilisation sur la table extérieur mais également sur la table intérieur.
Mais, les gens sont très propres. Tous les matins, je vois circuler des hommes bien mis, les cheveux bien coupés, frais rasés et, j'en suis sûr avec le bout des doigts reluisant de propreté! La ville emploie des gens pour ramasser les papiers, les parcs sont bien entretenus. Partout, les femmes lavent les planchers à grande eau et elles frottent les vêtements à la main efficacement. La propreté est clairement valorisée. Mais la poussière et le camboui s'infiltre sans cesse sur toutes les surfaces. Je vais cesser de mâcher de la gomme dans la rue car j'ai rapidement l'impression de mastiquer de la poussière!
[singlepic id=28 w=320 h=240 mode=web20 float=left]À Huaycan, on coule les colonnes de ciment et on remplit le plancher de pierrres et de sable et ainsi préparer la surface pour recevoir le ciment. Un soleil de plomb, un vent léger, trop léger pour nous rafraîchir mais assez puissant pour soulever la poussière. À notre arrivée, les femmes travaillaient: c etait la "faina" - travaux communautaires, de huit à dix. En haut de la montagne peu de véhicules, donc peu de diésel. Par contre, l'asphalte ne se rend pas  jusqu'ici et le vent pousse allègrement la poussière du chemin dans les maisons.
Mais, j'ai trouvé ma thérapie. Je ferme les yeux et j'imagine de gros flocons qui descendent doucement jusqu'au sol pour le recouvrir d'un épais manteau blanc et cacher toutes ces SALETÉS!

vendredi 25 février 2011

Blues du 25!

Aujourd'hui, vendredi. Me voila seul dans la cuisinette. Je me lève toujours le premier depuis que je suis ici. 6h30, 7h, je suis debout. Ce n'est guère dans mes habitudes. Évidemment, on se couche tôt, 9h30 le plus souvent, 10h hier soir. Pas de TV, pas de nouvelles de 10h...Je m'endors quasi en me couchant. Il faut le faire dans le tintamarre provenant de la rue: moteurs, klaxons et les meutes de chiens...C'est come si la moindre petite acalmie de ce fond sonore me projète littéralement dans le sommeil.

Je fais le café comme tous les jours, 10 tasses suffiront. Nous ne sommes que 6 actuellement dans la maison de Chosica. Les autres sont en congé. Encore des oeufs "revueltos" sur le poêle à gaz. Rapido et c'est bon! Hier, j'ai cassé le mixeur en voulant faire du jus de papaye. Une vieille antiquité qui pèse une tonne...J'ai résussi à faire mon jus quand même mais la patronne ne sera pas contente! Je vais en acheter un autre. Les jeunes m'appellent "Gaston, la gaffe"! Je ne me reconnait pas dans ce personnage! Mais, c'est peut être mon nouveau moi ou seulement symptomatique de...

En fait, ce n'est pas si facile ici. Nous vivons au ralenti à l'intérieur de nos murs. Quel contraste quand on traverse la porte pour se retrouver sur le trottoir au milieu de toute cette vie trépidante! Ce n'est pas une cage dorée ici. Cette semaine, j'étais prêt à peinturer le mur de ma chambre pour me sentir un peu plus confortable. Finalement, je me suis contenté de laver les boutons électriques! Au ralenti, parce que le projet principal a pris du retard. Des deux ou trois projets sur la table en septembre, celui de l'école de Huaycan est arrivé en décembre. Un retard dans les autorisations nécessaires pour démarrer les travaux a fait en sorte que nos bras n'étaient pas requis au début. Alors, nous sommes partis pour un 2 semaines de tourisme. À notre retour, le reste du groupe avait pris la même décision, y compris nos organisateurs. Nous avons été un peu surpris! La semaine dernière, l'un du groupe a pris un avion de retour pour le Québec; il etait trop malade. Ce matin, une autre vient de décider de prendre immédiatement le chemin du retour...

Mais, n allez pas croire que nous sommes inactifs. Ce matin, nous allons à la bibliothèque de San Antonio. Nous allons aider à compléter le cours de français auquel participent une dizaine de jeunes de tout âge. Ce sera notre troisieme participation. Cet après midi, nous allons rencontrer des enfants handicapés dans un hopital tenu par un vieux médécin américain qui est ici depuis plus de 20 ans. En fin de semaine, nous irons à Lima. Lundi de retour à l'école de Huaycan. Le soir, nous rencontrons une jeune femme, professeure de langue. Nous ferons sans doute un échange de conversation, français et espagnol.

Puis, tout le groupe sera réuni d'ici quelques jours. Nous serons 15! Pour la grande finale de peinture...Finalement, si je m'achetais une clef modem...Lorraine pourrait avec Skype, voir ses amours du Québec! Après tout, c'est ma fête! Vamos. Je sors; j ai besoin de bouger.

Desole, pas de photo, trop de nuage...

jeudi 24 février 2011

Huaycan

L école de Huaycan est en bonne voix...

Qu'est-ce que Huaycan? Un village ou une ville entre Lima et Chosica. En fait, partant du centre de Lima jusqu'au centre de Chosica, on est en ville en continu. Huaycan est à mi-chemin; on quitte la "carratera centrale" pour monter dans les montagnes de roche. [singlepic id=24 w=320 h=240 float=]Et plus on monte, plus les conditions se détériorent. La maison de briques brutes de deux étages avec les tiges de métal qui dépassent, laisse place au cabanon de bois et parfois au simple rectangle de toile bleu. [singlepic id=25 w=320 h=240 float=]Mais, la vierge est toujours présente dans ce pays; la voilà, sur son socle au milieu de la colline. [singlepic id=26 w=320 h=240 float=]La municipalité a dégagé des routes de terre, des égouts et installé une citerne d'eau à mi hauteur sur la montagne. On nous a fourni un terrain et les gens du quartier, ont planifié des corvées pour niveller le terrain, creuser les tranchés pour le solage. Sur la photo, Juan, en bleu, habite Chosica et est engagé par notre organisation à l'année; les maçons que nous avons engagé, Tony, et sur l'échafaud, Ebraim et Caesar puis Hannibal habitent tous un peu plus haut dans la montagne. J'ai dit à Hannibal que sa photo serait sur internet. Petit problème, pour travailler, il porte un t-shirt supportant Keiko, la fille de Fugimori. Et ce n'est pas du tout son choix comme prochain président aux élections qui se tiendront bientôt. Alors, on se paie un peu sa tête. [singlepic id=27 w=320 h=240 float=]Petit cours de construction Pérou 101. Le gros de la brique sera terminé aujourd'hui. Il faudra installer, fenêtres et portes pour compléter la brique des murs. Un voyage de roche concassé arrivera aujourd'hui. Il sera utilisé pour renforcir les colonnes en ciment servant de support au toît et au mur. Puis, ce sera le tour des planchers: les grosses pierres des environs seront cassées (manuellement au ciseau et au marteau) pour servir de remplissage avant de couler le ciment. Lorsque le ciment du plancher sera bien sec, on pourra installer la forme supportée par des poutres appuyées sur ce plancher pour couler le ciment servant de toît. Nous pourrons finalement peindre le tout en couleurs vives et gaies. Pas très clair? Des photos suivront, je l'espère... L'école pourra recevoir deux groupes de très jeunes enfants.

mercredi 23 février 2011

Hommage aux péruviens

Difficile d'accepter la pauvreté pour ne pas dire la misère. Pourquoi? Il nous faut des causes, il nous faut un coupable. L'insouciance sinon la paresse, nous vient tout de suite à l'esprit. Si nous sommes économiquement si performant, c'est grâce à notre détermination et à nos efforts soutenus. Bien sur mais...le sort ne nous a-t-il pas réservé une main gagnante à coup sur...
Je vois ici des gens qui s'affairent dans toutes les directions. Des gens qui ont des heures de travail indues. Notre cuisinière, femme de ménage arrive à 8h30 pour quitter à 19h. Le chauffeur de taxi fait ses 12 heures et ils sont des milliers. Ils se méritent l'un et l'autre 350 soles par semaine. Comme nous expliquait notre chauffeur, ça va parce que je reste en campagne, en famille avec un jardin, des bêtes, etc. Impossible de survivre en ville avec ce salaire.
Ces gens sont travallant mais ils gagnent trop peu.
Pour vous faire compendre, je voudrais vous décrire le travail du vendeur de ticket dans un collectvo. [singlepic id=23 w=320 h=240 float=]Qu'est-ce qu'un collectivo? Bon, on parle de transport en commun. D'accord. Vous connaissez Montréal et la CTUM. Et le transfert entre les dents à se geler le .., etc. Gardez ce souvenir en toile de fond.
Le collectivo, c'est le plus souvent une mini-van ou un mini-bus avec une vingtaine de fauteuils. Qui peut contenir facilement jusqu'à cinquante personnes: travailleurs, travailleuses, adultes ou enfants, femmes enceintes, vieillards, avec ou sans bagages. Je nai jamais vu encore un bus refusé des passagers! Ces bus sillonnent la ville et sa banlieue dans un rayon de plus de 50 km. Devant chez nous, ils passent au 30 secondes, sans blague. Pour nous rendre à Huycan, sans doute 20 km, ils nous en coûtent 1,50 soles (50 sous). Que les grands stratèges des transports en commun viennent faire un tour ici: ils devraient en revenir un peu hooooonteux...
Dans un bus, il  a deux employes. Ça coûtent pas chers; ils ne sont pas syndiqués. Le conducteur, il conduit. Il en a plein les bras à gérer la transmission et le klaxon pour éviter les autres véhicules, les trous (Montréal est battu à plat de couture sous ce rapport) et s'arrêter pour tous les clients. Je lui lève mon chapeau.
Mais il y a aussi le vendeur de ticket, "el cobrador". Attendez! Il ne s'agit pas d'un gros pacha assis derrière son guichet. Il s'agit d'un type debout sur le palier de la porte latérale du bus. À chaque arrêt, il ouvre sa porte et invite les gens à monter en criant la direction de son bus. S'il a des clients, ils les aident à monter: attrape le sac de l'un, soulève la fillette aux mains de sa maman, sert d'appuie au vieillard. Tout le monde est à bord? Alors "Vamos" chauffeur. Et ça rentre et ça sort constamment. Et chacun doit payer sont dû. Il sait qui a payé et qui n'a pas encore payé. Il tend la main ou touche une épaule et le passger s'exécute. 50 centivos ici, 1,50 soles pour cette dame. D'une seule main, il ramasse la pièce et rend la monnaie. Si la monnaie vient à manquer, il descend au dépanneur et rattrape en courant le bus qui n'a pas vraiment le temps de s'arrêter. Oh! J'oubliais, il surveille aussi les bonnes manières, en exigeant qu'on cède la place à cette femme enceinte qui vient de monter. Mais la plupart du temps un coup d'oeil suffit. Cet après midi, le bus s'est rempli comme jamais. Notre homme avait le dos dans la porte et le nez sous les bras de son dernier passager. Chapeau. Je ne comprends pas vraiment comment il a réssi à collecter tout ce monde. Ce n'est pas un travail qui permet de vivre confortablement...
[singlepic id=22 w=320 h=240 float=]Par contre, il faudra que je vous reparle des moyens de transport...de toute sorte...c'est trop pittoresque.

mardi 22 février 2011

De retour a Chosica

Il est 7 heures, mardi. De retour dans nos locaux de Chosica. Je fais du café et [singlepic id=18 w=320 h=240 float=]deux "ovos revueltos" sur la super cuisiniere à gas. Les poules péruviennes sont géantes si j'en juge par leur production. Puis, je m'installe dans la cour intérieure, en plein air. Et voila que notre voisin, une école catholique, me sert un concert de Placido Domingo lors de son passage au Pérou. [singlepic id=19 w=320 h=240 float=]Magnifique! Sa voix superbe s'épanouit dans la résonnance des murs de ciment mais ne réussit pas à couvrir les moteurs d'autobus et de camions, les KLAXONS et la voix du crieur, invitant les passants à prendre son autobus pour Lima!
Nous allons ce matin examiner les travaux à Huycan. La construction de l'école que nous commanditons, est-elle démarrée? Nous partons avec le bus local. Une heure de route, dans la poussière et les bruits de la rue avec par dessus le choix de musique disco de notre conducteur.
[singlepic id=20 w=320 h=240 float=]À notre arrivée, quel plaisir de voir le debut des murs de ce que sera la future école. Une deuxième école construite par notre groupe de Victo pour un quartier qui en a grandement besoin![singlepic id=21 w=320 h=240 float=]
Nous faisons l'inventaire des travaux à faire: ménage des lieux, repeindre le mobilier scolaire entassé dans un coin, briquelage sous la supervision des pro (on devra s'en tenir aux opérations simples)...
Et oui, il nous faudra encore une heure pour revenir. Je voudrais vous amener avec moi dans ce bus! Il s'agit en fait d'une mini van avec environ 20 places assises. Lorraine a compté 40 personnes en cours de route, sans compter les 6 poches de "patas fritas" (patates à frire) empilées à l'avant.

dimanche 20 février 2011

La lluvia!

Apres, le dernier texte qui vous a, semble-t-il, un peu secoue, j ai peur de vous ennuyer. Mais je vous dois la verite alors...j y vais.
Nous sommes a Arequipa. Il est 5 heures et il pleut! Rien de plus normal, c est la saison des pluies. Janvier et fevrier sont les champions en ce domaine. En fait, depuis notre depart de Lima, mardi le 8 fevrier, il a plu tous les jours ou presque. Voici une petite recapitulation...
Mardi soir, il pleut a notre arrivee sur Puno; jeudi, les iles flottantes sous la pluie; vendredi, Cuzco, retour du restaurant sous une pluie violente, le taxi nous a sauve; dimanche, la vallee sacree se termine a Ollantaytambo avec de la pluie; puis lundi, le clou, le Machu Picchu sous la pluie, on a du termine la journee a Aguas calientes, dans les eaux termales sous la pluie ( bon, ca pourrait etre pire); finalement, vendredi et samedi, le canyon de la Colca avec pas mal de pluie...

Mais, attendez, je n ai pas fini, il fait froid aussi. Ah! le Perou, c est l Amerique du Sud...et vous lisez, "sud" egale chaleur. Mais, vous oubliez l altitude.
Nous sommes dans le sud du Perou, dans la zone dites de la "siera" ou de "l alti plano". Des sommets montagneux et de hauts plateaux, dans un triangle, forme par Arequipa, 2300 metres, Cuzco, 3300 metres et Puno, lac Titicaca, 3800 metres. Mettez ca en pied pour rire!
De Arequipa a Chivay, dans le canyon de Colca, nous sommes passe par un col a 4900 metres, il avait neige! A Puno, les gens travaillent avec le duvet sur le dos toute la journee a l exterieur comme a l interieur. Il n y a pas de chauffage! Califaccion per favor! Les lits sont equipes, non pas d une ou de deux mais de trois couvertes de laine! En fait, a Cuzco, il y en a deux et ici a Arequipa, il y en a une seule! Et, cela corespond a la realite. 500 metres font bien 3 ou 4 degre de moins la nuit. Et, c est l ete, les vacances scolaires, de la mi-decembre au debut mars! Pas de chance pour les jeunes. Ca n a rien avoir avec la saison, l hiver, en juillet et aout, c est pareil. C est une question d altitude.
Je vous entends...assez, assez! Quel triste voyage! Et vous vous sentez si bien, vous qui respirez l air frais, les deux pieds sur vos skis!

Vous avez raison, je dramatise, je presente les choses sous un jour par trop dramatique! Alors, comme je vous dois vraiment la verite, je dois vous raconter notre promenade de ce matin sur la "plaza de Armas". Il etait a peine huit heures et un soleil radieux nous a permis d admirer derriere l immense cathedrale espagnole, qui couvre toute la largeur de la place, le sommet enneige du volcan Misti. Le monstre conique surplombe la ville avec ses 5822 metres. Sachez que le Mont Blanc, orgueil des francais, ne fait meme pas 5000 metres! Inutile de vous dire qu a midi, il avait disparu dans un gros nuage noir.
En verite, je vous dois la narration, de plein d episodes sous le soleil comme sous la pluie, qui sont de vrais coups de coeur. Le Machou Picchou, meme sous la pluie, c est fabuleux. "Verdad".

mercredi 16 février 2011

Une belle journee

"Tres de la noche...lluvia"! "Seis de la noche...lluvia"! Yahoo meteo annonce de la pluie pour les trois prochains jours. Merde, y en a marre, nous allons quitter Cuzco aujourd hui.
Apres dejeuner, nous allons acheter nos billets d autobus pour Arequipa, pour un depart ce soir a 8h30. Mais maintenant, le soleil est radieux! Alors, nous planifions une derniere excursion. Le projet est de visiter les "salinas", ce sont des especes de bassins etages et remplis de sel provenant d une source saline. Les photos que j ai vus, sont facinantes. Apres quelques confusions sur la facon de proceder, nous louons les services d un taxi. Pour 100 soles ($35), notre chauffeur nous conduira sur un circuit d envrion 100 km avec des arrets de 40 minutes sur 3 sites. Nous voila 6 dans une Toyota familiale: 1 en avant, 3 sur le siege arriere et 2 avec les bagages - meme Lorraine a fait son tour en arriere.
Trente minutes de montagne pour atteindre Chicheron, petit village centre sur l artisanat local et authentique. Nous sommes seuls dans le village. On nous fait une presentation sur le traitement de la laine d alpaga: lavage avec une racine et de l eau et teinture avec diverses plantes. Je ne peux resister a l achat d un chemin de table (camino de mesa).
Plus loin, c est Moray, un site d experimentation pour la culture des plantes utilise depuis 600 ans et donc concu par les Incas. Il s agit de cercles en palier, installes dans une cuvette profonde. La chaleur augmente en descendant creant ainsi des climats differents pour les plantes.
Finalement, nous faisons encore quelques dizaines de kilometres sur une route de terre etroite, a flanc de montagne et sur laquelle nos croisons regulierement, taxi, autobus ou camion de livraison de gaz. Les passagers de la soute a bagages ne sont pas si mals: ils ne voient que vers l arriere. Et nous voila aux "salineras"· Ce sont des centaines de corbeilles accrochees a la colline comme des nids d oiseaux geants. Ces corbeilles se remplissent d eau sale grace a une source provenant de la montagne. Des rigoles amenent l eau dans chacune du haut jusqu en bas. Le soleil et l evaporation permettent ensuite d en extraire le sel. Spectacle fabuleux.
Puis, c est le retour. Les paysages sont superbes: l Urumanbo, fleuve mytique qui contournera plus loin le Machu Picchou et qui coule ici au fond de la valle sacree, des sommets enneiges, de grands vallons cultives miroitant toutes les nuances de vert.
Nous avons faim; notre chauffeur nous propose une "chicharon" sur le bord de la route. Pourquoi pas! Et nous voila en train d avaler: de la peau de porc sechee au soleil (= oreilles de christ) et des pieces de porcs grillees. Delicieux! Evidemment,, nous avons d abord examine l animal fraichement trucide sur la table dans le coin de la salle. Vivons dangereusement!
"Vamos a la casa". Le bus de nos amis est a 6 hre, il faut rentrer. Mais une surprise nous attend: il y a des barrages de police. A 7 dans cette voiture, nous sommes dans la plus parfaite illegalite: "Un infracion, muy grave". Alors, Lorraine et Jean-Pierre descendent pour faire une petite marche de sante! Notre chauffeur s est arrete plus loin. Mais, il y avait des flics partout, il a du faire semblant de changer son pneu. Il faut marcher encore plus loin pour enfin remonter en voiture. Ouf! Quelle aventure!
Et savez vous quoi? Le soleil ne nous a pas lache de toute la journee. J aurai sur les photos les plus beaux ciels bleus du voyage!

samedi 12 février 2011

Perou: uno, Quebec: zero!

Le Perou marque un point, il nous a rentré solidement dedans. Et nous avons eu, au début, les batteries un peu faibles, presque à zero...Voilà pourquoi nous avons été si long à vous donner des nouvelles.
Nous sommes actuellement à Cuzco de retour d'une promenade sous un soleil radieux dans le centre de cette très jolie ville. Nous avons dîné juché sur un étroit balcon surplombant la Plaza del arma. Vous savez ces balcons de style espagnol installés en surplomb de quelques pieds seulement. Deux énormes basiliques ornent cette place de leur lourdeur moyenâgeuse.       ...Ouais! mon style aussi s'en ressent!

Par la suite nous avons marché jusqu au marché central de la ville: un immense marché couvert, divisé en sections par de nombreux corridors rectilignes qui lui donnent un aspect ordonné par rapport au souk d'Afrique du Nord. Les sections des "fruitas", par exemple, nous présentent des successions de kiosques avec chacun leur montagne de fruits multicolores au-dessus de laquelle trône une dame en tablier blanc nous offrant un jus frais ou un cocktail de yogourt et de fruits variés. Plus loin, ce sont les viandes, les boutiques repas, les fleurs, puis tout autour des boutiques de vêtements artisanaux où règne en maitre la laine d'Alpaga. Fabuleux!

Cuzco fut le coeur de l'empire Inca. Cet après-midi, sous le soleil, nous ressentons la grandeur de cette ville royale. Toutes ces églises espagnoles que nous croisons ne font qu'ajouter à cette impression de faste.
Demain, nous partons pour un grand tour traversant la vallée sacrée, parsemée de vestiges Inca, pour terminer au célèbre Machu Picchu. À venir!

Je sais, si vous jetez un coup d'oeil à notre calendrier, il y a un grand trou...Plein de choses à vous raconter encore. Pour le moment, je vous fais une petite liste et vous promets plus de details pour bientôt. Le stress du départ dans la tempête autour de Toronto; l'arrivée de nuit à Chosica dans notre résidence permanente très loin du confort attendu; les klaxons, la poussière, la foule partout; un groupe qui déjà se soude; un premier contact avec les belles réalisations des années passées et l'immensité des besoins; en route pour Puno avec 8 heures d'attente enfermés à l'aéroport de Lima pour aboutir dans le froid avec le mal de l'altitude; le lac Titicaca. Trop à dire, manque de temps. On en reparle.

mercredi 9 février 2011

Des nouvelles... en provenance du Qc!!!

Comme les nouvelles en provenance du Pérou se font attendre, j'ai décidé de vous rassurer un peu... Jean-Pierre et Lorraine sont bien arrivés à destination! Le voyage semble s'être bien déroulé, quoi que très long. Après s'être installés un peu, ils ont exploré les environs, visité un peu les travaux accomplis par les bénévoles des années précédentes et magasiné leur voyage... En effet, la tâche qu'ils devaient accomplir là-bas n'étant pas encore prête,  ils ont quitté leur petit patelin hier (mardi) pour 2 semaines de tourisme. Pour le reste, je leur laisserai raconter plus en détails leurs premiers instants et leurs découvertes pour 2 raisons : 1) leurs courriels sont tellement courts que je n'ai que très peu de détails sur leur première semaine et 2) mon père est mille fois meilleur que moi pour composer des récits de voyage palpitants!  Au plaisir de les lire très bientôt... en attendant... Vive la neige!!!

Jacinthe

lundi 31 janvier 2011

Voyage au Pérou, introduction

Un premier mot pour vous annoncer à tous notre voyage au Pérou. Nous partons pour 6 semaines du 2 février au 15 mars. Nous ferons en gros 4 semaines de travaux humanitaires et 2 semaines de tourisme.
Pour vous mettre l'eau à la bouche à l'idée de rire de nous, sachez que nous devons pour l'essentiel participer à la construction d'une école! Ouais! je deviendrai maçon et Lorraine, peintre en bâtiments!
Mais sans doute serez-vous plus intéressé par la partie touristique: Machu Picchu, lac Titicaca (un nom que tu apprends à la petite école et que tu n'oublies jamais). Mais je pourrai vous surprendre davantage en vous parlant du festival Verano Negro, consacré à la culture afro-péruvienne à Chincha dans le quartier El Carmen ou encore de ma brochette de cochon d'inde, croustillant à souhait avec ce qu'il faut de gras!
Venez nous visiter. Vous pouvez laisser un commentaire sur chaque texte et même un commentaire sur un commentaire.