mercredi 23 février 2011

Hommage aux péruviens

Difficile d'accepter la pauvreté pour ne pas dire la misère. Pourquoi? Il nous faut des causes, il nous faut un coupable. L'insouciance sinon la paresse, nous vient tout de suite à l'esprit. Si nous sommes économiquement si performant, c'est grâce à notre détermination et à nos efforts soutenus. Bien sur mais...le sort ne nous a-t-il pas réservé une main gagnante à coup sur...
Je vois ici des gens qui s'affairent dans toutes les directions. Des gens qui ont des heures de travail indues. Notre cuisinière, femme de ménage arrive à 8h30 pour quitter à 19h. Le chauffeur de taxi fait ses 12 heures et ils sont des milliers. Ils se méritent l'un et l'autre 350 soles par semaine. Comme nous expliquait notre chauffeur, ça va parce que je reste en campagne, en famille avec un jardin, des bêtes, etc. Impossible de survivre en ville avec ce salaire.
Ces gens sont travallant mais ils gagnent trop peu.
Pour vous faire compendre, je voudrais vous décrire le travail du vendeur de ticket dans un collectvo. [singlepic id=23 w=320 h=240 float=]Qu'est-ce qu'un collectivo? Bon, on parle de transport en commun. D'accord. Vous connaissez Montréal et la CTUM. Et le transfert entre les dents à se geler le .., etc. Gardez ce souvenir en toile de fond.
Le collectivo, c'est le plus souvent une mini-van ou un mini-bus avec une vingtaine de fauteuils. Qui peut contenir facilement jusqu'à cinquante personnes: travailleurs, travailleuses, adultes ou enfants, femmes enceintes, vieillards, avec ou sans bagages. Je nai jamais vu encore un bus refusé des passagers! Ces bus sillonnent la ville et sa banlieue dans un rayon de plus de 50 km. Devant chez nous, ils passent au 30 secondes, sans blague. Pour nous rendre à Huycan, sans doute 20 km, ils nous en coûtent 1,50 soles (50 sous). Que les grands stratèges des transports en commun viennent faire un tour ici: ils devraient en revenir un peu hooooonteux...
Dans un bus, il  a deux employes. Ça coûtent pas chers; ils ne sont pas syndiqués. Le conducteur, il conduit. Il en a plein les bras à gérer la transmission et le klaxon pour éviter les autres véhicules, les trous (Montréal est battu à plat de couture sous ce rapport) et s'arrêter pour tous les clients. Je lui lève mon chapeau.
Mais il y a aussi le vendeur de ticket, "el cobrador". Attendez! Il ne s'agit pas d'un gros pacha assis derrière son guichet. Il s'agit d'un type debout sur le palier de la porte latérale du bus. À chaque arrêt, il ouvre sa porte et invite les gens à monter en criant la direction de son bus. S'il a des clients, ils les aident à monter: attrape le sac de l'un, soulève la fillette aux mains de sa maman, sert d'appuie au vieillard. Tout le monde est à bord? Alors "Vamos" chauffeur. Et ça rentre et ça sort constamment. Et chacun doit payer sont dû. Il sait qui a payé et qui n'a pas encore payé. Il tend la main ou touche une épaule et le passger s'exécute. 50 centivos ici, 1,50 soles pour cette dame. D'une seule main, il ramasse la pièce et rend la monnaie. Si la monnaie vient à manquer, il descend au dépanneur et rattrape en courant le bus qui n'a pas vraiment le temps de s'arrêter. Oh! J'oubliais, il surveille aussi les bonnes manières, en exigeant qu'on cède la place à cette femme enceinte qui vient de monter. Mais la plupart du temps un coup d'oeil suffit. Cet après midi, le bus s'est rempli comme jamais. Notre homme avait le dos dans la porte et le nez sous les bras de son dernier passager. Chapeau. Je ne comprends pas vraiment comment il a réssi à collecter tout ce monde. Ce n'est pas un travail qui permet de vivre confortablement...
[singlepic id=22 w=320 h=240 float=]Par contre, il faudra que je vous reparle des moyens de transport...de toute sorte...c'est trop pittoresque.

4 commentaires:

  1. Bienvenue dans les pays sous développés!
    Quand on s'arrête pour penser à leur vie, ce n'est pas évident! Surtout si tu te mets à mettre notre propre vie en parallèle. Ça remet certaines choses en perspective et oui, on réalise qu'on est effectivement né sous une bonne étoile!

    Leurs véhicules semblent tout de même en bon état sur tes photos... c'est toujours ça de gagné! C'est aussi quand même impressionnant de voir à quel point sous cette apparence de désordre et de foule (donc pouvant laisser croire une certaine indifférence les uns des autres), et malgré la pauvreté, ces gens gardent les valeurs à la bonne place.

    J'aime beaucoup votre petit blog... Bonne journée!
    Jass xxxx

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  2. Bonsoir,

    et oui nous sommes très contents d'être sur nos skis, vous avez toute mon admiration mais je sens également que vous êtes très fiers malgré la pluie.
    Quel beau trip !
    À plus

    Yolande

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  3. Jean-Pierre Contant27 février 2011 à 00 h 39

    Parlant de moyens de transport, je viens de lire cet article dans le Devoir. Refaites nous signe pour nous rassurer quoique vous ne sembliez pas sur la route vendredi le 25 février si j'en juge à la lecture du blog.
    Bonne semaine
    Jean-Pierre

    En bref - Pérou: 19 morts dans la chute d'un autocar
    Agence France-Presse 26 février 2011 Amérique Latine
    Lima — Au moins 19 personnes ont été tuées et 37 blessées hier lors de la chute d'un autocar dans un ravin de 180 mètres, dans la région de Huarochiri dans le centre du Pérou, a annoncé la police routière.

    Le car interprovincial, qui assurait la liaison entre la ville andine de Huancayo et la capitale Lima, «a fait un écart pour éviter une collision avec un camion et a basculé dans le ravin», à 60 km environ à l'est de Lima, déclaré sur la radio RPP un porte-parole de la police.

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  4. Bonjour Jean-Pierre,
    J'ai parlé à mon père au téléphone vendredi soir et mon frère, samedi! Ils n'étaient donc pas dans ce malheureux autobus. Ouf!
    Jacinthe xx

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