jeudi 24 février 2011

Huaycan

L école de Huaycan est en bonne voix...

Qu'est-ce que Huaycan? Un village ou une ville entre Lima et Chosica. En fait, partant du centre de Lima jusqu'au centre de Chosica, on est en ville en continu. Huaycan est à mi-chemin; on quitte la "carratera centrale" pour monter dans les montagnes de roche. [singlepic id=24 w=320 h=240 float=]Et plus on monte, plus les conditions se détériorent. La maison de briques brutes de deux étages avec les tiges de métal qui dépassent, laisse place au cabanon de bois et parfois au simple rectangle de toile bleu. [singlepic id=25 w=320 h=240 float=]Mais, la vierge est toujours présente dans ce pays; la voilà, sur son socle au milieu de la colline. [singlepic id=26 w=320 h=240 float=]La municipalité a dégagé des routes de terre, des égouts et installé une citerne d'eau à mi hauteur sur la montagne. On nous a fourni un terrain et les gens du quartier, ont planifié des corvées pour niveller le terrain, creuser les tranchés pour le solage. Sur la photo, Juan, en bleu, habite Chosica et est engagé par notre organisation à l'année; les maçons que nous avons engagé, Tony, et sur l'échafaud, Ebraim et Caesar puis Hannibal habitent tous un peu plus haut dans la montagne. J'ai dit à Hannibal que sa photo serait sur internet. Petit problème, pour travailler, il porte un t-shirt supportant Keiko, la fille de Fugimori. Et ce n'est pas du tout son choix comme prochain président aux élections qui se tiendront bientôt. Alors, on se paie un peu sa tête. [singlepic id=27 w=320 h=240 float=]Petit cours de construction Pérou 101. Le gros de la brique sera terminé aujourd'hui. Il faudra installer, fenêtres et portes pour compléter la brique des murs. Un voyage de roche concassé arrivera aujourd'hui. Il sera utilisé pour renforcir les colonnes en ciment servant de support au toît et au mur. Puis, ce sera le tour des planchers: les grosses pierres des environs seront cassées (manuellement au ciseau et au marteau) pour servir de remplissage avant de couler le ciment. Lorsque le ciment du plancher sera bien sec, on pourra installer la forme supportée par des poutres appuyées sur ce plancher pour couler le ciment servant de toît. Nous pourrons finalement peindre le tout en couleurs vives et gaies. Pas très clair? Des photos suivront, je l'espère... L'école pourra recevoir deux groupes de très jeunes enfants.

mercredi 23 février 2011

Hommage aux péruviens

Difficile d'accepter la pauvreté pour ne pas dire la misère. Pourquoi? Il nous faut des causes, il nous faut un coupable. L'insouciance sinon la paresse, nous vient tout de suite à l'esprit. Si nous sommes économiquement si performant, c'est grâce à notre détermination et à nos efforts soutenus. Bien sur mais...le sort ne nous a-t-il pas réservé une main gagnante à coup sur...
Je vois ici des gens qui s'affairent dans toutes les directions. Des gens qui ont des heures de travail indues. Notre cuisinière, femme de ménage arrive à 8h30 pour quitter à 19h. Le chauffeur de taxi fait ses 12 heures et ils sont des milliers. Ils se méritent l'un et l'autre 350 soles par semaine. Comme nous expliquait notre chauffeur, ça va parce que je reste en campagne, en famille avec un jardin, des bêtes, etc. Impossible de survivre en ville avec ce salaire.
Ces gens sont travallant mais ils gagnent trop peu.
Pour vous faire compendre, je voudrais vous décrire le travail du vendeur de ticket dans un collectvo. [singlepic id=23 w=320 h=240 float=]Qu'est-ce qu'un collectivo? Bon, on parle de transport en commun. D'accord. Vous connaissez Montréal et la CTUM. Et le transfert entre les dents à se geler le .., etc. Gardez ce souvenir en toile de fond.
Le collectivo, c'est le plus souvent une mini-van ou un mini-bus avec une vingtaine de fauteuils. Qui peut contenir facilement jusqu'à cinquante personnes: travailleurs, travailleuses, adultes ou enfants, femmes enceintes, vieillards, avec ou sans bagages. Je nai jamais vu encore un bus refusé des passagers! Ces bus sillonnent la ville et sa banlieue dans un rayon de plus de 50 km. Devant chez nous, ils passent au 30 secondes, sans blague. Pour nous rendre à Huycan, sans doute 20 km, ils nous en coûtent 1,50 soles (50 sous). Que les grands stratèges des transports en commun viennent faire un tour ici: ils devraient en revenir un peu hooooonteux...
Dans un bus, il  a deux employes. Ça coûtent pas chers; ils ne sont pas syndiqués. Le conducteur, il conduit. Il en a plein les bras à gérer la transmission et le klaxon pour éviter les autres véhicules, les trous (Montréal est battu à plat de couture sous ce rapport) et s'arrêter pour tous les clients. Je lui lève mon chapeau.
Mais il y a aussi le vendeur de ticket, "el cobrador". Attendez! Il ne s'agit pas d'un gros pacha assis derrière son guichet. Il s'agit d'un type debout sur le palier de la porte latérale du bus. À chaque arrêt, il ouvre sa porte et invite les gens à monter en criant la direction de son bus. S'il a des clients, ils les aident à monter: attrape le sac de l'un, soulève la fillette aux mains de sa maman, sert d'appuie au vieillard. Tout le monde est à bord? Alors "Vamos" chauffeur. Et ça rentre et ça sort constamment. Et chacun doit payer sont dû. Il sait qui a payé et qui n'a pas encore payé. Il tend la main ou touche une épaule et le passger s'exécute. 50 centivos ici, 1,50 soles pour cette dame. D'une seule main, il ramasse la pièce et rend la monnaie. Si la monnaie vient à manquer, il descend au dépanneur et rattrape en courant le bus qui n'a pas vraiment le temps de s'arrêter. Oh! J'oubliais, il surveille aussi les bonnes manières, en exigeant qu'on cède la place à cette femme enceinte qui vient de monter. Mais la plupart du temps un coup d'oeil suffit. Cet après midi, le bus s'est rempli comme jamais. Notre homme avait le dos dans la porte et le nez sous les bras de son dernier passager. Chapeau. Je ne comprends pas vraiment comment il a réssi à collecter tout ce monde. Ce n'est pas un travail qui permet de vivre confortablement...
[singlepic id=22 w=320 h=240 float=]Par contre, il faudra que je vous reparle des moyens de transport...de toute sorte...c'est trop pittoresque.

mardi 22 février 2011

De retour a Chosica

Il est 7 heures, mardi. De retour dans nos locaux de Chosica. Je fais du café et [singlepic id=18 w=320 h=240 float=]deux "ovos revueltos" sur la super cuisiniere à gas. Les poules péruviennes sont géantes si j'en juge par leur production. Puis, je m'installe dans la cour intérieure, en plein air. Et voila que notre voisin, une école catholique, me sert un concert de Placido Domingo lors de son passage au Pérou. [singlepic id=19 w=320 h=240 float=]Magnifique! Sa voix superbe s'épanouit dans la résonnance des murs de ciment mais ne réussit pas à couvrir les moteurs d'autobus et de camions, les KLAXONS et la voix du crieur, invitant les passants à prendre son autobus pour Lima!
Nous allons ce matin examiner les travaux à Huycan. La construction de l'école que nous commanditons, est-elle démarrée? Nous partons avec le bus local. Une heure de route, dans la poussière et les bruits de la rue avec par dessus le choix de musique disco de notre conducteur.
[singlepic id=20 w=320 h=240 float=]À notre arrivée, quel plaisir de voir le debut des murs de ce que sera la future école. Une deuxième école construite par notre groupe de Victo pour un quartier qui en a grandement besoin![singlepic id=21 w=320 h=240 float=]
Nous faisons l'inventaire des travaux à faire: ménage des lieux, repeindre le mobilier scolaire entassé dans un coin, briquelage sous la supervision des pro (on devra s'en tenir aux opérations simples)...
Et oui, il nous faudra encore une heure pour revenir. Je voudrais vous amener avec moi dans ce bus! Il s'agit en fait d'une mini van avec environ 20 places assises. Lorraine a compté 40 personnes en cours de route, sans compter les 6 poches de "patas fritas" (patates à frire) empilées à l'avant.

dimanche 20 février 2011

La lluvia!

Apres, le dernier texte qui vous a, semble-t-il, un peu secoue, j ai peur de vous ennuyer. Mais je vous dois la verite alors...j y vais.
Nous sommes a Arequipa. Il est 5 heures et il pleut! Rien de plus normal, c est la saison des pluies. Janvier et fevrier sont les champions en ce domaine. En fait, depuis notre depart de Lima, mardi le 8 fevrier, il a plu tous les jours ou presque. Voici une petite recapitulation...
Mardi soir, il pleut a notre arrivee sur Puno; jeudi, les iles flottantes sous la pluie; vendredi, Cuzco, retour du restaurant sous une pluie violente, le taxi nous a sauve; dimanche, la vallee sacree se termine a Ollantaytambo avec de la pluie; puis lundi, le clou, le Machu Picchu sous la pluie, on a du termine la journee a Aguas calientes, dans les eaux termales sous la pluie ( bon, ca pourrait etre pire); finalement, vendredi et samedi, le canyon de la Colca avec pas mal de pluie...

Mais, attendez, je n ai pas fini, il fait froid aussi. Ah! le Perou, c est l Amerique du Sud...et vous lisez, "sud" egale chaleur. Mais, vous oubliez l altitude.
Nous sommes dans le sud du Perou, dans la zone dites de la "siera" ou de "l alti plano". Des sommets montagneux et de hauts plateaux, dans un triangle, forme par Arequipa, 2300 metres, Cuzco, 3300 metres et Puno, lac Titicaca, 3800 metres. Mettez ca en pied pour rire!
De Arequipa a Chivay, dans le canyon de Colca, nous sommes passe par un col a 4900 metres, il avait neige! A Puno, les gens travaillent avec le duvet sur le dos toute la journee a l exterieur comme a l interieur. Il n y a pas de chauffage! Califaccion per favor! Les lits sont equipes, non pas d une ou de deux mais de trois couvertes de laine! En fait, a Cuzco, il y en a deux et ici a Arequipa, il y en a une seule! Et, cela corespond a la realite. 500 metres font bien 3 ou 4 degre de moins la nuit. Et, c est l ete, les vacances scolaires, de la mi-decembre au debut mars! Pas de chance pour les jeunes. Ca n a rien avoir avec la saison, l hiver, en juillet et aout, c est pareil. C est une question d altitude.
Je vous entends...assez, assez! Quel triste voyage! Et vous vous sentez si bien, vous qui respirez l air frais, les deux pieds sur vos skis!

Vous avez raison, je dramatise, je presente les choses sous un jour par trop dramatique! Alors, comme je vous dois vraiment la verite, je dois vous raconter notre promenade de ce matin sur la "plaza de Armas". Il etait a peine huit heures et un soleil radieux nous a permis d admirer derriere l immense cathedrale espagnole, qui couvre toute la largeur de la place, le sommet enneige du volcan Misti. Le monstre conique surplombe la ville avec ses 5822 metres. Sachez que le Mont Blanc, orgueil des francais, ne fait meme pas 5000 metres! Inutile de vous dire qu a midi, il avait disparu dans un gros nuage noir.
En verite, je vous dois la narration, de plein d episodes sous le soleil comme sous la pluie, qui sont de vrais coups de coeur. Le Machou Picchou, meme sous la pluie, c est fabuleux. "Verdad".

mercredi 16 février 2011

Une belle journee

"Tres de la noche...lluvia"! "Seis de la noche...lluvia"! Yahoo meteo annonce de la pluie pour les trois prochains jours. Merde, y en a marre, nous allons quitter Cuzco aujourd hui.
Apres dejeuner, nous allons acheter nos billets d autobus pour Arequipa, pour un depart ce soir a 8h30. Mais maintenant, le soleil est radieux! Alors, nous planifions une derniere excursion. Le projet est de visiter les "salinas", ce sont des especes de bassins etages et remplis de sel provenant d une source saline. Les photos que j ai vus, sont facinantes. Apres quelques confusions sur la facon de proceder, nous louons les services d un taxi. Pour 100 soles ($35), notre chauffeur nous conduira sur un circuit d envrion 100 km avec des arrets de 40 minutes sur 3 sites. Nous voila 6 dans une Toyota familiale: 1 en avant, 3 sur le siege arriere et 2 avec les bagages - meme Lorraine a fait son tour en arriere.
Trente minutes de montagne pour atteindre Chicheron, petit village centre sur l artisanat local et authentique. Nous sommes seuls dans le village. On nous fait une presentation sur le traitement de la laine d alpaga: lavage avec une racine et de l eau et teinture avec diverses plantes. Je ne peux resister a l achat d un chemin de table (camino de mesa).
Plus loin, c est Moray, un site d experimentation pour la culture des plantes utilise depuis 600 ans et donc concu par les Incas. Il s agit de cercles en palier, installes dans une cuvette profonde. La chaleur augmente en descendant creant ainsi des climats differents pour les plantes.
Finalement, nous faisons encore quelques dizaines de kilometres sur une route de terre etroite, a flanc de montagne et sur laquelle nos croisons regulierement, taxi, autobus ou camion de livraison de gaz. Les passagers de la soute a bagages ne sont pas si mals: ils ne voient que vers l arriere. Et nous voila aux "salineras"· Ce sont des centaines de corbeilles accrochees a la colline comme des nids d oiseaux geants. Ces corbeilles se remplissent d eau sale grace a une source provenant de la montagne. Des rigoles amenent l eau dans chacune du haut jusqu en bas. Le soleil et l evaporation permettent ensuite d en extraire le sel. Spectacle fabuleux.
Puis, c est le retour. Les paysages sont superbes: l Urumanbo, fleuve mytique qui contournera plus loin le Machu Picchou et qui coule ici au fond de la valle sacree, des sommets enneiges, de grands vallons cultives miroitant toutes les nuances de vert.
Nous avons faim; notre chauffeur nous propose une "chicharon" sur le bord de la route. Pourquoi pas! Et nous voila en train d avaler: de la peau de porc sechee au soleil (= oreilles de christ) et des pieces de porcs grillees. Delicieux! Evidemment,, nous avons d abord examine l animal fraichement trucide sur la table dans le coin de la salle. Vivons dangereusement!
"Vamos a la casa". Le bus de nos amis est a 6 hre, il faut rentrer. Mais une surprise nous attend: il y a des barrages de police. A 7 dans cette voiture, nous sommes dans la plus parfaite illegalite: "Un infracion, muy grave". Alors, Lorraine et Jean-Pierre descendent pour faire une petite marche de sante! Notre chauffeur s est arrete plus loin. Mais, il y avait des flics partout, il a du faire semblant de changer son pneu. Il faut marcher encore plus loin pour enfin remonter en voiture. Ouf! Quelle aventure!
Et savez vous quoi? Le soleil ne nous a pas lache de toute la journee. J aurai sur les photos les plus beaux ciels bleus du voyage!

samedi 12 février 2011

Perou: uno, Quebec: zero!

Le Perou marque un point, il nous a rentré solidement dedans. Et nous avons eu, au début, les batteries un peu faibles, presque à zero...Voilà pourquoi nous avons été si long à vous donner des nouvelles.
Nous sommes actuellement à Cuzco de retour d'une promenade sous un soleil radieux dans le centre de cette très jolie ville. Nous avons dîné juché sur un étroit balcon surplombant la Plaza del arma. Vous savez ces balcons de style espagnol installés en surplomb de quelques pieds seulement. Deux énormes basiliques ornent cette place de leur lourdeur moyenâgeuse.       ...Ouais! mon style aussi s'en ressent!

Par la suite nous avons marché jusqu au marché central de la ville: un immense marché couvert, divisé en sections par de nombreux corridors rectilignes qui lui donnent un aspect ordonné par rapport au souk d'Afrique du Nord. Les sections des "fruitas", par exemple, nous présentent des successions de kiosques avec chacun leur montagne de fruits multicolores au-dessus de laquelle trône une dame en tablier blanc nous offrant un jus frais ou un cocktail de yogourt et de fruits variés. Plus loin, ce sont les viandes, les boutiques repas, les fleurs, puis tout autour des boutiques de vêtements artisanaux où règne en maitre la laine d'Alpaga. Fabuleux!

Cuzco fut le coeur de l'empire Inca. Cet après-midi, sous le soleil, nous ressentons la grandeur de cette ville royale. Toutes ces églises espagnoles que nous croisons ne font qu'ajouter à cette impression de faste.
Demain, nous partons pour un grand tour traversant la vallée sacrée, parsemée de vestiges Inca, pour terminer au célèbre Machu Picchu. À venir!

Je sais, si vous jetez un coup d'oeil à notre calendrier, il y a un grand trou...Plein de choses à vous raconter encore. Pour le moment, je vous fais une petite liste et vous promets plus de details pour bientôt. Le stress du départ dans la tempête autour de Toronto; l'arrivée de nuit à Chosica dans notre résidence permanente très loin du confort attendu; les klaxons, la poussière, la foule partout; un groupe qui déjà se soude; un premier contact avec les belles réalisations des années passées et l'immensité des besoins; en route pour Puno avec 8 heures d'attente enfermés à l'aéroport de Lima pour aboutir dans le froid avec le mal de l'altitude; le lac Titicaca. Trop à dire, manque de temps. On en reparle.

mercredi 9 février 2011

Des nouvelles... en provenance du Qc!!!

Comme les nouvelles en provenance du Pérou se font attendre, j'ai décidé de vous rassurer un peu... Jean-Pierre et Lorraine sont bien arrivés à destination! Le voyage semble s'être bien déroulé, quoi que très long. Après s'être installés un peu, ils ont exploré les environs, visité un peu les travaux accomplis par les bénévoles des années précédentes et magasiné leur voyage... En effet, la tâche qu'ils devaient accomplir là-bas n'étant pas encore prête,  ils ont quitté leur petit patelin hier (mardi) pour 2 semaines de tourisme. Pour le reste, je leur laisserai raconter plus en détails leurs premiers instants et leurs découvertes pour 2 raisons : 1) leurs courriels sont tellement courts que je n'ai que très peu de détails sur leur première semaine et 2) mon père est mille fois meilleur que moi pour composer des récits de voyage palpitants!  Au plaisir de les lire très bientôt... en attendant... Vive la neige!!!

Jacinthe