lundi 14 mars 2011

Les adieux...

Nous sommes lundi et il fait soleil comme à l'habitude. Je me suis installé dans le parc, sur un banc à l'ombre, pour préparer ce texte sur mon portable. Il y a une nuée de pigeons devant moi et des gens partout, assis sur les bancs ou allongés sur le gazon. De grands arbres, et derrière, toujours ces montagnes de roches brunes qui enferment Chosica...

Comme toujours, il y a plein de femmes seules avec un ou deux enfants, des hommes aussi. Tiens un vieillard avec une toute petite fille; les deux semblent marcher difficilement, l'une avec le pas hésitant de la débutante, l'autre, le dos rond, traine la patte, l'air fatigué. Sur un banc plus loin, deux jeunes hommes en chemise blache discutent; des témoins de Jehava, je le parierais.

Ce sont nos derniers instants ici! C'est le temps de finaliser nos activités. Il y a de l'émotion dans l'air.

Hier, nous sommes allés à Huaycan pour la dernière fois. Deux éléments au programme, une "faina" pour couler le toit de l'école et un rendez-vous avec les enfants du quartier qui doivent nous organiser une partie de soccer de démonstration dans les environs avec les chandails et les ballons que nous leur avons remis la veille.

[singlepic id=35 w=320 h=240 float=left]À notre arrivée, un gros mélangeur à ciment est déjà installé près de l'école: pas de Faina. On a opté pour la solution  automatisée: 500 soles ($175) pour la machine et trois hommes! Le toît sera coulé en moins de deux. Grosse journée tout de même, ils seront une dizaine à travailler toute la journée: 5 sur le toît à attendre le ciment et 5 en bas à nourrir la machine de pierre, de sable, de ciment et d'eau. Tout le monde y gagne.  L'école ne sera pas terminée à notre départ bien sûr mais on arrive aux travaux de finition: fenêtres, crépi sur les murs intérieurs et extérieurs, électricité, peinture, etc. Quabt aux meubles de l'école, ils ont tous reçu 3 couches de rouge, de bleu ou de jaune.

[singlepic id=37 w=320 h=240 float=]C'est maintenant l'heure du soccer. On monte un peu dans le chemin voisin pour atteindre un espace plat, disons de la taille d'un demi terrain de soccer pour être généreux. Une petite fille est en train de l'arroser pour diminuer la poussière, une autre ramasse des déchets dans un coin, une maman nous arrive avec des "gelatina" pour nous. [singlepic id=38 w=320 h=240 float=left]Puis les enfants se pointent; ils enfilent les chandails avec de grands sourires. Le plaisir de se transformer en vrai joueur de soccer est palpable sur leur visage.

Le ballon est sorti et la partie commence. C'est une vrai partie avec toute l'ardeur dont sont capables ces enfants, garçons et filles. À la fin, ils se mettent rapidement en rang lorsqu'on leur apprend qu'on va leur remettre une épinglette à l'éphigie du drapeau canadien (je n 'ai pas choisi!). Peut-être y aura-t-il du soccer sur ce terrain chaque semaine et ce sera un peu grâce à nous. En tout cas, je crois qu'ils ont bien aimé la visite des canadiens.

[singlepic id=39 w=320 h=240 float=left]Avant de redescendre, nous passons par le chantier. Je vais serrer la main aux maçons avec qui j'ai un peu travaillé: Hannibal, Ephraïm, Tony, Caesar et Juan. L'émotion passe sensiblement à travers peu de mots. Ils viennent du quartier et ils sont, je crois, très reconnaissants envers ces drôles de canadiens qui apportent leur fric pour construire cette école et leur donner en maintenant du travail.

Finalement, nous sommes de retour à Chosica pour une autre pachamanca (viandes sur la pierre) organisée par la famille de nos proprios. Bonne bouffe, beaucoup de vin et de la musique. On danse. C'est la fête!

[singlepic id=40 w=320 h=240 float=left]Tantôt, nous irons chez Cécilia, notre prof d'espagnol. Elle nous a invité chez elle et sa maman. Encore une petite fête un peu déchirante car nous l'aimons beaucoup.

Encore un dodo!

Nous serons de retour au Québec bientôt mais certainement transformés.

lundi 7 mars 2011

Retour au Moyen Age?

Doris veut faire des crêpes pour ce premier dimanche où toute la gang est réunie mais il faut des oeufs et du lait. Alors je pars en ville...

Sept heures trente. La ville grouille déjà d'activité depuis longtemps. Les klaxons, les camions, les autobus, tout est  là. Comme les dépanneurs voisins sont fermés, je dois me diriger vers le marché.

Au prochain coin de rue, un camion de cajeots de poule vient d'arriver. Deux hommes chargent une dizaine de cajeots sur un chariot, l'un deux les attache et part les livrer. Au fond de la boutique, un homme se tient devant une balance, le crayon sur l'oreille, un cahier sur la table et semble évaluer, juger, l'air inquiet. Mon regard est attiré par  l'activité énergique de trois hommes regroupés dans un coin plus sombre. Ils se penchent à tour de rôle puis se relèvent avec dans la main gauche une poule qu'ils tiennent solidement par le cou. Ils lèvent alors le bras droit dans les airs pour le rabattre brusquement le poing fermé sur la tête de l'animal. La bête inerte est alors abandonnée sur le plancher.

Des poules mais pas d'oeuf en vue. Je descends la rue qui semble regorger de boutiques. Ce sont des marchands de fruits et légumes et des fleuristes. Curieux comme dans ce monde précaire où tout semble axé sur  l'essentiel, les fleurs prennent une place si grande.

Plus loin, on décharge un camion de légumes. De jeunes hommes, la tête et le dos couverts d'un long linge blanc et taché, chargent sur leur dos les lourdes poches de légumes. C'est une véritable meute de mercenaires qui s'affairent dans tous les sens.

Zola me revient en mémoire. Je me sens dans le ventre de Chosica!

En plein Moyen Âge? Un Moyen Âge où l'odeur de crotin est remplacé par celui du diésel?

Enfin, un sous-sol semble offrir ce que  je cherche. Des oeufs vendus au kilo: 20 oeufs bien frais pour 3 soles ($1) et un litre de lait Gloria pour 3,20 soles. La multi-nationale prend sa cote!

Excellentes les crêpes couvertes de morceaux de mangue, de papaye, d'ananas, de melon et de bananes et arrosées de sirop d'érable!

Déjà, dix heures, les filles décident d'assister à la messe de 11 heures. Je les accompagne. L'église est à demi pleine mais c'est la troisième messe du matin. Une assistance plutôt agée comme chez nous, sans doute plus d'hommes mais beaucoup sont dans les tavernes environnantes.

Je quitte pour marcher dans la ville. Elle est très animée plein de gens dans le parc et dans les rues. Sur le bord de la rivière, un garçon volubile tente de passer une bague au doigt de sa belle mais son cellulaire le force à interrompre la manoeuvre! La jeune fille se lève pour s'accouder à la rampe et regarder la rivère, l'air déçu.

Une fanfare se fait entendre précéder d'une affiche: "Folklor y danza typicos del Peru". Les groupes de danseurs bougent au son de la musique avec plus ou moins de conviction. La chaleur les retient. La plus énergique est une femme bouffon gratifiée d'une poitrine et de fesses gigantesques. Arrivée à la "rota" (rond point), la parade bloque la circulation et provoque un tonnerre de klaxons de protestation...

Finalement, le Moyen Âge non, mais un monde très différent du nôtre, étonnant... et surtout tonitruant...

jeudi 3 mars 2011

Une « faina » Pérou-Québec

[singlepic id=29 w=260 h=180 float=left]Tout le quartier est là: les hommes, les femmes et, bien sûr, les enfants et les chiens. Seul les cinq maçns sont des engagés. Les travaux ont dû commencer vers 8 heures. Le contrat: couler le plancher de l'école; deux pièces de ...On mélange les ingrédients à même le sol puis on transporte tout cela avec des brouettes et des chaudières...
Tout le monde participe à sa façon dans la plus grande bonne humeur et avec beaucoup de courage, surtout avc un bébé sur le dos!
[singlepic id=30 w=260 h=180 float=left]Dans les poses, entre deux préparations de ciment, on rigole ou écoute attentivement Jérôme qui leur parle de micro crédit. Le concept est vite assimilé et les intéresse au plus haut point.
[singlepic id=31 w=260 h=180 float=left]Voici comment ça fonctionne.
Notre groupe avance un petit capital, disons de $3000 dollars, soit 9000 soles. Les gens forment une sorte de coopérative et crée un comité de 4 ou 5 personnes qui aura la responsabilité de gérer cet argent et d'attribuer les prêts. Les membres de la coopérative désireux d'obtenir un prêt présentent leur projet. S'ils sont acceptés par le comité, il s'engage à remettre cet argent dans un délai donné avec intéret. Les montants sont petits, 500 soles au maximum mais suffisant pour réaliser le projet. Les bénifices reviennent à la coopératve.
[singlepic id=32 w=260 h=180 float=left]Ça marche! Un groupe, démarré l'an dernier, a commencé avec une 10 de prêts et pourra en faire une 20 cette année. les gens remboursent et on donc réussit à réaliser un profit.
[singlepic id=33 w=260 h=180 float=left]Le lendemain, c'est la peinture des meubles des enfants. En peu de temps, tout est sablé adéquatement ou presque! Alors, on passe à la peinture. Mais, l'expérience en peinture n'est pas requise. Par exemple, une bonne âme a cru bon de délayer le jaune, "amarillo", de moitié avec du versol. Ça donne une couche claire et transparente à souhait! Qu'à cela ne tienne, avec plusieurs couches, on devrait en venir à bout! Tous les outils sont bons: les pinceaux larges ou étroits, les éponges ou même les bouts de papier...

[singlepic id=34 w=260 h=180 float=left]Attention à la queue du chien qui dépasse!

mardi 1 mars 2011

Syndrome du bout des doigts collés

Me v'là, j'en ai peur, devenu un peu précieux. J'ai développé ce qui pourrait s'appeler "le syndrôme du bout des doigts collés". Je ne peux pas fonctionner plus de deux ou trois heures dans mon nouvel environement péruvien sans sentir le besoin urgent de me laver les mains et surtout de me frotter énergiquement le bout des doigts! Il est certain qu'une séance internet est une raison suffisante pour courrir au premier lavabo venu: les claviers sont crottés et collants! C'est certainement cet expérience traumatisante qui est la source de ce comportement compulsif. Mais également, il y a tous ces gestes que je dois poser dans mon hôtel, qui se refusent définitivement à gagner une étoile dans le ciel touristique. Allumer et fermer les lumières, tourner les poignées de porte ou même effleurer la surface des tables me forcent tout à coup à me tenir les doigts en l'air jusqu'à ce que je puisse enfin en frotter les bouts! D'accord, histoire de vous faire sourire, j'exagère un peu mais si peu!
Chosica, banlieu de Lima est une ville de poussière et de pollution au diésel. Quasi tous les vehicules sont diésels et beaucoup laissent derrière eux des panaches bleus gigantesques à faire rougir les vieilles locomotives au charbon d'autrefois. Sur le trottoir voisin, je suffoque. Ajouter à cela la chaleur écrasante du milieu du jour et vous avez tous les ingrédients pour enduire toutes les surfaces d'une couche de camboui noire et collante! Le linge de table devient noir de suie à chaque utilisation sur la table extérieur mais également sur la table intérieur.
Mais, les gens sont très propres. Tous les matins, je vois circuler des hommes bien mis, les cheveux bien coupés, frais rasés et, j'en suis sûr avec le bout des doigts reluisant de propreté! La ville emploie des gens pour ramasser les papiers, les parcs sont bien entretenus. Partout, les femmes lavent les planchers à grande eau et elles frottent les vêtements à la main efficacement. La propreté est clairement valorisée. Mais la poussière et le camboui s'infiltre sans cesse sur toutes les surfaces. Je vais cesser de mâcher de la gomme dans la rue car j'ai rapidement l'impression de mastiquer de la poussière!
[singlepic id=28 w=320 h=240 mode=web20 float=left]À Huaycan, on coule les colonnes de ciment et on remplit le plancher de pierrres et de sable et ainsi préparer la surface pour recevoir le ciment. Un soleil de plomb, un vent léger, trop léger pour nous rafraîchir mais assez puissant pour soulever la poussière. À notre arrivée, les femmes travaillaient: c etait la "faina" - travaux communautaires, de huit à dix. En haut de la montagne peu de véhicules, donc peu de diésel. Par contre, l'asphalte ne se rend pas  jusqu'ici et le vent pousse allègrement la poussière du chemin dans les maisons.
Mais, j'ai trouvé ma thérapie. Je ferme les yeux et j'imagine de gros flocons qui descendent doucement jusqu'au sol pour le recouvrir d'un épais manteau blanc et cacher toutes ces SALETÉS!

vendredi 25 février 2011

Blues du 25!

Aujourd'hui, vendredi. Me voila seul dans la cuisinette. Je me lève toujours le premier depuis que je suis ici. 6h30, 7h, je suis debout. Ce n'est guère dans mes habitudes. Évidemment, on se couche tôt, 9h30 le plus souvent, 10h hier soir. Pas de TV, pas de nouvelles de 10h...Je m'endors quasi en me couchant. Il faut le faire dans le tintamarre provenant de la rue: moteurs, klaxons et les meutes de chiens...C'est come si la moindre petite acalmie de ce fond sonore me projète littéralement dans le sommeil.

Je fais le café comme tous les jours, 10 tasses suffiront. Nous ne sommes que 6 actuellement dans la maison de Chosica. Les autres sont en congé. Encore des oeufs "revueltos" sur le poêle à gaz. Rapido et c'est bon! Hier, j'ai cassé le mixeur en voulant faire du jus de papaye. Une vieille antiquité qui pèse une tonne...J'ai résussi à faire mon jus quand même mais la patronne ne sera pas contente! Je vais en acheter un autre. Les jeunes m'appellent "Gaston, la gaffe"! Je ne me reconnait pas dans ce personnage! Mais, c'est peut être mon nouveau moi ou seulement symptomatique de...

En fait, ce n'est pas si facile ici. Nous vivons au ralenti à l'intérieur de nos murs. Quel contraste quand on traverse la porte pour se retrouver sur le trottoir au milieu de toute cette vie trépidante! Ce n'est pas une cage dorée ici. Cette semaine, j'étais prêt à peinturer le mur de ma chambre pour me sentir un peu plus confortable. Finalement, je me suis contenté de laver les boutons électriques! Au ralenti, parce que le projet principal a pris du retard. Des deux ou trois projets sur la table en septembre, celui de l'école de Huaycan est arrivé en décembre. Un retard dans les autorisations nécessaires pour démarrer les travaux a fait en sorte que nos bras n'étaient pas requis au début. Alors, nous sommes partis pour un 2 semaines de tourisme. À notre retour, le reste du groupe avait pris la même décision, y compris nos organisateurs. Nous avons été un peu surpris! La semaine dernière, l'un du groupe a pris un avion de retour pour le Québec; il etait trop malade. Ce matin, une autre vient de décider de prendre immédiatement le chemin du retour...

Mais, n allez pas croire que nous sommes inactifs. Ce matin, nous allons à la bibliothèque de San Antonio. Nous allons aider à compléter le cours de français auquel participent une dizaine de jeunes de tout âge. Ce sera notre troisieme participation. Cet après midi, nous allons rencontrer des enfants handicapés dans un hopital tenu par un vieux médécin américain qui est ici depuis plus de 20 ans. En fin de semaine, nous irons à Lima. Lundi de retour à l'école de Huaycan. Le soir, nous rencontrons une jeune femme, professeure de langue. Nous ferons sans doute un échange de conversation, français et espagnol.

Puis, tout le groupe sera réuni d'ici quelques jours. Nous serons 15! Pour la grande finale de peinture...Finalement, si je m'achetais une clef modem...Lorraine pourrait avec Skype, voir ses amours du Québec! Après tout, c'est ma fête! Vamos. Je sors; j ai besoin de bouger.

Desole, pas de photo, trop de nuage...

jeudi 24 février 2011

Huaycan

L école de Huaycan est en bonne voix...

Qu'est-ce que Huaycan? Un village ou une ville entre Lima et Chosica. En fait, partant du centre de Lima jusqu'au centre de Chosica, on est en ville en continu. Huaycan est à mi-chemin; on quitte la "carratera centrale" pour monter dans les montagnes de roche. [singlepic id=24 w=320 h=240 float=]Et plus on monte, plus les conditions se détériorent. La maison de briques brutes de deux étages avec les tiges de métal qui dépassent, laisse place au cabanon de bois et parfois au simple rectangle de toile bleu. [singlepic id=25 w=320 h=240 float=]Mais, la vierge est toujours présente dans ce pays; la voilà, sur son socle au milieu de la colline. [singlepic id=26 w=320 h=240 float=]La municipalité a dégagé des routes de terre, des égouts et installé une citerne d'eau à mi hauteur sur la montagne. On nous a fourni un terrain et les gens du quartier, ont planifié des corvées pour niveller le terrain, creuser les tranchés pour le solage. Sur la photo, Juan, en bleu, habite Chosica et est engagé par notre organisation à l'année; les maçons que nous avons engagé, Tony, et sur l'échafaud, Ebraim et Caesar puis Hannibal habitent tous un peu plus haut dans la montagne. J'ai dit à Hannibal que sa photo serait sur internet. Petit problème, pour travailler, il porte un t-shirt supportant Keiko, la fille de Fugimori. Et ce n'est pas du tout son choix comme prochain président aux élections qui se tiendront bientôt. Alors, on se paie un peu sa tête. [singlepic id=27 w=320 h=240 float=]Petit cours de construction Pérou 101. Le gros de la brique sera terminé aujourd'hui. Il faudra installer, fenêtres et portes pour compléter la brique des murs. Un voyage de roche concassé arrivera aujourd'hui. Il sera utilisé pour renforcir les colonnes en ciment servant de support au toît et au mur. Puis, ce sera le tour des planchers: les grosses pierres des environs seront cassées (manuellement au ciseau et au marteau) pour servir de remplissage avant de couler le ciment. Lorsque le ciment du plancher sera bien sec, on pourra installer la forme supportée par des poutres appuyées sur ce plancher pour couler le ciment servant de toît. Nous pourrons finalement peindre le tout en couleurs vives et gaies. Pas très clair? Des photos suivront, je l'espère... L'école pourra recevoir deux groupes de très jeunes enfants.

mercredi 23 février 2011

Hommage aux péruviens

Difficile d'accepter la pauvreté pour ne pas dire la misère. Pourquoi? Il nous faut des causes, il nous faut un coupable. L'insouciance sinon la paresse, nous vient tout de suite à l'esprit. Si nous sommes économiquement si performant, c'est grâce à notre détermination et à nos efforts soutenus. Bien sur mais...le sort ne nous a-t-il pas réservé une main gagnante à coup sur...
Je vois ici des gens qui s'affairent dans toutes les directions. Des gens qui ont des heures de travail indues. Notre cuisinière, femme de ménage arrive à 8h30 pour quitter à 19h. Le chauffeur de taxi fait ses 12 heures et ils sont des milliers. Ils se méritent l'un et l'autre 350 soles par semaine. Comme nous expliquait notre chauffeur, ça va parce que je reste en campagne, en famille avec un jardin, des bêtes, etc. Impossible de survivre en ville avec ce salaire.
Ces gens sont travallant mais ils gagnent trop peu.
Pour vous faire compendre, je voudrais vous décrire le travail du vendeur de ticket dans un collectvo. [singlepic id=23 w=320 h=240 float=]Qu'est-ce qu'un collectivo? Bon, on parle de transport en commun. D'accord. Vous connaissez Montréal et la CTUM. Et le transfert entre les dents à se geler le .., etc. Gardez ce souvenir en toile de fond.
Le collectivo, c'est le plus souvent une mini-van ou un mini-bus avec une vingtaine de fauteuils. Qui peut contenir facilement jusqu'à cinquante personnes: travailleurs, travailleuses, adultes ou enfants, femmes enceintes, vieillards, avec ou sans bagages. Je nai jamais vu encore un bus refusé des passagers! Ces bus sillonnent la ville et sa banlieue dans un rayon de plus de 50 km. Devant chez nous, ils passent au 30 secondes, sans blague. Pour nous rendre à Huycan, sans doute 20 km, ils nous en coûtent 1,50 soles (50 sous). Que les grands stratèges des transports en commun viennent faire un tour ici: ils devraient en revenir un peu hooooonteux...
Dans un bus, il  a deux employes. Ça coûtent pas chers; ils ne sont pas syndiqués. Le conducteur, il conduit. Il en a plein les bras à gérer la transmission et le klaxon pour éviter les autres véhicules, les trous (Montréal est battu à plat de couture sous ce rapport) et s'arrêter pour tous les clients. Je lui lève mon chapeau.
Mais il y a aussi le vendeur de ticket, "el cobrador". Attendez! Il ne s'agit pas d'un gros pacha assis derrière son guichet. Il s'agit d'un type debout sur le palier de la porte latérale du bus. À chaque arrêt, il ouvre sa porte et invite les gens à monter en criant la direction de son bus. S'il a des clients, ils les aident à monter: attrape le sac de l'un, soulève la fillette aux mains de sa maman, sert d'appuie au vieillard. Tout le monde est à bord? Alors "Vamos" chauffeur. Et ça rentre et ça sort constamment. Et chacun doit payer sont dû. Il sait qui a payé et qui n'a pas encore payé. Il tend la main ou touche une épaule et le passger s'exécute. 50 centivos ici, 1,50 soles pour cette dame. D'une seule main, il ramasse la pièce et rend la monnaie. Si la monnaie vient à manquer, il descend au dépanneur et rattrape en courant le bus qui n'a pas vraiment le temps de s'arrêter. Oh! J'oubliais, il surveille aussi les bonnes manières, en exigeant qu'on cède la place à cette femme enceinte qui vient de monter. Mais la plupart du temps un coup d'oeil suffit. Cet après midi, le bus s'est rempli comme jamais. Notre homme avait le dos dans la porte et le nez sous les bras de son dernier passager. Chapeau. Je ne comprends pas vraiment comment il a réssi à collecter tout ce monde. Ce n'est pas un travail qui permet de vivre confortablement...
[singlepic id=22 w=320 h=240 float=]Par contre, il faudra que je vous reparle des moyens de transport...de toute sorte...c'est trop pittoresque.